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La Communication Nonviolente nous apprend à identifier ce qui favorise le développement constructif de la communication et ce qui, au contraire, provoque des tensions, de la résistance et même de la violence.  C'est un mode de communication, d'expression et d'écoute qui nous permet de trouver un contact vrai avec nous-même comme avec autrui afin de construire des relations dans lesquelles les besoins de tous sont rencontrés.  La qualité du lien qui en résulte provoque le respect mutuel et la coopération.  

La Communication Nonviolente nous propose des outils concrets pour remplacer les vieux schémas de défense, de résistance et de pouvoir sur les autres par l'expérience d'une plus grande harmonie et l'utilisation du pouvoir avec les autres.  Elle nous apporte chaque jour des solutions à nos problèmes de communication les plus embarrassants.

Cette approche, développée par Marshall Rosenberg, nous aide à prendre position avec clarté et authenticité en focalisant notre attention sur les sentiments, besoins et demandes de chaque personne par-delà toute critique.  Elle nous permet de comprendre et de transformer l'agressivité, même lorsque nous sommes en conflit.

Il ne s'agit en aucun cas d'un moyen de culpabiliser ou de manipuler l'autre afin de le contraindre à nous donner ce que nous voulons.  Elle nous permet d'évoluer profondément dans la compréhension de nous-même et dans celle des autres et donc de vivre plus consciemment.  Comment établir des relations de qualité en famille, à l'école, au travail, avec nos amis, subordonnés, supérieurs, collègues, fournisseurs, clients, etc.

La Communication Nonviolente est enseignée dans plus de 65 pays et a été introduite en Belgique en 1993 à l'initiative de l'Université de Paix. 

CNV1994-4

 

 

"Tout jugement, toute agressivité, toute violence ne sont que l'expression tragique de besoins non reconnus"  

 Marshall ROSENBERG

 

 

- Marshall ROSENBERG, comment vous est venue l'idée de créer la méthode de la Communication Non Violente ?

- J'ai commencé mon parcours  en grandissant dans un environnement extrêmement violent, à Détroit aux Etats-Unis.  Nous vivions au milieu d'émeutes raciales et, dans notre voisinage, une trentaine de personnes ont été tuées en l'espace d'une semaine. A l'école, je me rendais compte aussi que mon nom de famille était le stimulus de pas mal de violence.  C'est pourquoi, depuis très tôt, j'ai été intéressé à ce qui amène les gens à blesser d'autres gens.  Et en même temps, déjà à cet âge, j'avais l'occasion de rencontrer des gens qui fonctionnent exactement à l'inverse.  Par exemple, un de mes oncles venait tous les soirs aider ma mère à s'occuper de ma grand-mère qui était paralysée et je le voyais agir avec chaleur et compassion.  Ce qui fait que d'un côté, j'avais la représentation de l'entraide et dans la rue, je voyais la violence à l'état brut.  

Et depuis lors, au fil des années, j'ai tenté de faire tout mon possible pour faire la différence entre ces deux manières de vivre.  En somme pour définir ce qui amène certaines personnes à prendre plaisir à être violent vis-à-vis d'autrui et ce qui amène d'autres personnes à prendre plaisir à contribuer au bien-être d'autrui.  J'ai fait tout mon possible pour apprendre tout ce que je pouvais à propos de ces questions et j'offre aux gens ce que j'ai appris.

- Vous avez été formé par Carl ROGERS à son approche de l'écoute ?

- Lorsque j'étais sur le point d'obtenir mon diplôme à l'université, Carl ROGERS est arrivé pour faire partie du corps enseignant, ce qui fait que j'ai suivi un de ses cours en psychothérapie.  Mais le plus important, c'est qu'après l'obtention de mon diplôme, il m'a demandé de faire partie d'une équipe de recherche.  Il avait demandé des personnes qui pratiquaient des formes de psychothérapies différentes.  On cherchait à identifier ce qui contribue à la guérison.  Et j'avais déjà rassemblé quelque chose d'un peu différent car j'avais trouvé une forme d'alternative à la psychothérapie traditionnelle que j'appelle la Communication Nonviolente.  Par exemple, ma démarche de faire de la psychothérapie ne consiste pas à essayer d'analyser d'où vient l'origine du problème de la personne.  Je propose une autre manière de communiquer, de penser et de faire connaître qui elle est avec puissance.  C'était déjà à l'époque une façon assez différente de s'y prendre par rapport à ce que faisaient les autres psychothérapeutes.  C'est pour ça que ROGERS m'a demandé de faire partie de ce projet de recherche.  

Le projet consistait à assigner un patient à chaque psychothérapeute et on enregistrait les sessions.  Les médecins qui s'occupaient de ces patients essayaient de mesurer s'il y avait une forme de guérison.  Et RODGERS faisait des corrélations entre ce qu'on pouvait observer d'après les enregistrements et la guérison.  Cette recherche a réellement donné une confirmation sur ce sur quoi je travaillais.  Car il a été démontré durant ces recherches que la thérapie s'avérait efficace dans la mesure où le thérapeute manifestait à la fois une attitude empathique et honnête vis-à-vis du patient.  Or, j'avais justement conçu dans mon approche une manière d'être honnête et attentif à l'autre.  C'est-à-dire un comportement pour être capable de manifester de l'empathie par rapport à une personne, quelle que soit sa façon de s'exprimer.  Donc c'est comme cela que j'ai rencontré Carl RODGERS durant cette recherche et l'on a gardé un lien par correspondance jusqu'à sa mort. 

- Est-ce que l'empathie serait le pilier central de la Communication Non Violente ?

- C'est une manière de manifester ce qu'est en effet le pilier central.  La partie centrale de la Communication Nonviolente n'est pas la communication, mais une certaine conscience.  Ceci pour nous amener à prendre conscience qu'à chaque moment nous avons le pouvoir de créer la vie.  Il n'y a rien qui ne soit plus plénier, plus comblant que de participer au bien-être d'autrui.  Une fois qu'on a cette conscience-là, cette volonté de se mettre en lien de telle manière qu'on va pouvoir répondre au bien-être des uns et des autres, alors l'empathie devient une composante importante.  Mais dans la mesure où elle permet de manifester quelque chose.  Si on pratique l'empathie de façon mécanique, comme si c'était une technique, ça met les gens sur les nerfs.  Donc, il est très important que l'intention qu'il y a derrière l'empathie est bien le désir de contribuer au bien-être de l'autre.  Et puis d'être soi-même honnête sans émettre de critique ni de reproche.

Propos recueillis par Laurent MONTBULEAU
Traduction : Anne BOURRIT

LIVRE_LES_MOTSLivres de référence :

Marshall Rosenberg
Les mots son des fenêtres ou des murs
éd. Jouvence, 1999, 2e éd. 2005

PARLER DE PAIX-M  

Marshall Rosenberg
Parler de paix dans un monde de conflits
éd. Jouvence, 2009

 

K0765 

Marshall Rosenberg (entretiens avec Gabrielle Seils)
Dénouer les conflits par la Communication Nonviolente
éd. Jouvence, 2006

 

 

Le témoignage spontané de Karim recueilli par Lilou :
http://www.dailymotion.com/video/xb7g04_karim-la-communication-non-violente_lifestyle#.UOnjL6UW1sV

 

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