CommunicationNonviolente.info

22 avril 2016

Actualités

 

 La pensée du mois 

Quand comprendrons-nous ?
Quand apprendrons-nous ?
Quand nous libérerons-nous de l’ignorance qui tue ?

Marshall Rosenberg

 


 

 NOUVEAU

COUV

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Après les attentats terroristes du 22 mars 2016 à Bruxelles, quelques personnes se sont demandé pourquoi les musulmans ne condamnaient pas davantage ces attaques. Ismaël Saidi, auteur de la pièce de théâtre « Djihad », a écrit un texte dans lequel il répond à cette question.

  

Pourquoi les musulmans ne descendent pas en masse dans la rue pour condamner ?

Parce que nous sommes en train de conduire les taxis qui ramènent gratuitement la population chez elle depuis hier…

Parce que nous sommes en train de soigner les blessés dans les hôpitaux…

Parce que nous conduisons les ambulances qui filent comme des étoiles sur nos routes pour essayer de sauver ce qu’il reste de vie en nous…

Parce que nous sommes à la réception des hôtels qui accueillent les badauds gratuitement depuis hier…

Parce que nous conduisons les bus, les trams et les métros afin que la vie continue, même blessée…

Parce que nous sommes toujours à la recherche des criminels sous notre habit de policier, d’enquêteur, de magistrat…

Parce que nous pleurons nos disparus, aussi…

Parce que nous ne sommes pas plus épargnés…

Parce que nous sommes doublement, triplement meurtris…

Parce qu’une même croyance a engendré le bourreau et la victime…

Parce que nous sommes groggy, perdus et que nous essayons de comprendre…

Parce que nous avons passé la nuit sur le pas de notre porte à attendre un être qui ne reviendra plus…

Parce que nous comptons nos morts…

Parce que nous sommes en deuil…

Le reste n’est que silence…

 


 

Suite aux dramatiques événements du vendredi 13 novembre 2015 à Paris,
j'ai recherché le texte que Marshall Rosenberg avait écrit
à la suite de ceux du 11 septembre 2001 New-York.
Je trouve ce texte tellement prémonitoire que je me fais un devoir
de le remettre en lecture aujourd'hui, en espérant que nos gouvernements
ne commettrons pas la même erreur que celle de Georges Bush à l'époque. 
Jean-François

 

 A chaque instant, nous avons le choix
de détruire ou de servir la vie.
Marshall Rosenberg

Des représailles n'engendreront ni paix, ni sécurité durable
Déclaration du médiateur international Marshall Rosenberg, Ph.D.
La Crescenta, Californie, 27 septembre 2001

 

Après les attaques sur les tours du World Trade Center à New-York et sur le Pentagone, des millions de gens sur terre ressentent à la fois une douleur et un chagrin profonds. Ils sont outrés, effrayés, impuissants et extrêmement vulnérables. Beaucoup éprouvent un intense besoin de se sentir à nouveau en sécurité. Ils aspirent à un monde dans lequel vivre en paix. D'autres ont un immense désir de prendre leur revanche. Ils rêvent de vengeance et de châtiment.

Les Etats-Unis ont estimé qu'il fallait agir, et d'autres pays ont fait le choix de se rallier à eux. Certaines personnes veulent que le but de ces actions soit la paix et la sécurité. D'autres tiennent à ce que ces actions se focalisent sur des représailles et des punitions. Ceci représente un réel problème : si nos dirigeants fondent leurs actions sur la revanche et la punition, je pense qu'ils ne pourront atteindre leur objectif d'un monde dans lequel sécurité et paix régneront durablement. 

Pourquoi est-ce que j'affirme cela ? 

Ces 35 dernières années, mes collègues et moi-même avons travaillé à travers le monde pour aider à résoudre des conflits entre gangs, groupes ethniques, tribus et régions en guerre. Nous avons constaté maintes fois que, d'une part, les actions motivées par le désir de punir engendrent des mesures de représailles de la part de ceux que l'on punit et, d'autre part, que des actes motivés par un désir de paix engendrent des actes de paix. Dans les deux cas, ces actes sont à l'origine de cycles pouvant durer des années, des générations, des siècles. 

Moi-même et d'autres membres de mon organisation, avons travaillé avec des personnes combattantes au Rwanda, au Burundi, en Sierra Leone, au Nigéria, en Afrique du Sud, en Serbie, en Croatie, en Israël et en Palestine. Notre expérience nous a enseigné que l'on peut aboutir à une paix et à une sécurité véritables, même si tout laisse croire le contraire, à la condition que les gens soient capables de percevoir "l'humanité" de ceux qui les attaquent. Et ceci exige de nous quelque chose de bien plus difficile à réaliser que de tendre l'autre joue; il s'agit de donner de l'empathie pour les peurs, les blessures, les rages et les besoins humains inassouvis qui sous-tendent les attaques en question. 

Notre travail a pour but d'aider les gens à apprendre à être empathiques avec les besoins et les préoccupations d'autrui et à commencer à percevoir que "l'autre camp" est tout simplement un groupe d'êtres humains qui tentent de se protéger et de satisfaire leurs besoins. Nous avons vu la haine et le désir de punir se transformer en espoir - quand les gens recevaient de l'empathie de la part de ceux-là mêmes qui avaient assassiné leurs familles. Nous avons vu les auteurs d'actes violents manifester des regrets sincères à propos de ce qu'ils avaient fait - après avoir reçu de l'empathie de ceux qui avaient été violentés par leurs actions. Nous avons vu, de part et d'autre, des êtres humains lâcher leur désir de se punir et, ensuite, œuvrer ensemble pour faire en sorte que les besoins de tous soient comblés. Nous avons vu d'anciens ennemis créer ensemble des programmes ayant pour but de réparer les dégâts qu'ils s'étaient infligés et d'assurer la sécurité des générations à venir. 

Le gouvernement des Etats-Unis a déclaré qu'il avait l'intention de préserver le monde d'actes de violence, tels que ceux de New-York et de Washington, et aussi de protéger le monde de ceux qui les commettent. D'autres gouvernements se sont joints à lui. 

Si les pays de cette coalition ont pour objectif la punition et les représailles, chaque action qu'ils entreprendront sera conditionnée par la réponse à la question suivante : "Cette action nous rapproche-t-elle de la punition de ceux qui portent la responsabilité de la douleur que nous endurons ?"

Si, en revanche, leur objectif est la paix et la sécurité dans le monde, chaque action entreprise sera déterminée par la réponse à une question bien différente : "Cette action nous rapproche-t-elle de l'avènement d'une paix et d'une sécurité durables dans le monde ?" J'ai l'espoir fervent que nos dirigeants ne chercheront pas à punir, mais se concentreront plutôt sur l'établissement de la paix et la sécurité. Pour établir la sécurité à court terme, il sera nécessaire pour nous de nous protéger d'autres menaces. Ceci peut nécessiter des actions faisant appel à ce que je nomme "l'usage protecteur de la force". 

Il se peut que nous devions capturer et emprisonner ceux qui ont perpétré ces crimes, afin qu'ils ne puissent plus nous attaquer. Et peut-être devrons-nous même tuer certains d'entre eux, si nous n'arrivons pas à contrecarrer leurs actes d'une autre manière. Mais, à long terme, il est également essentiel de commencer à établir dans le monde une paix et une sécurité durables. Nos dirigeants doivent établir des relations qui donneront naissance à une collaboration authentique et permanente entre les pays. Ils se doivent de commencer maintenant à changer les conditions qui donnent naissance à des comportements violents. Les pays les plus riches doivent œuvrer ensemble pour la création d'un monde où tous auront accès aux ressources les plus fondamentales au bénéfice de la vie et recevront protection pour leurs droits - un monde où chacun sera libre et en sécurité, tout en ayant la possibilité de se créer une vie satisfaisante. 

S'il existe une réponse au vaste problème qui se pose à nous, elle consiste à chercher des solutions qui répondent aux besoins de toutes les personnes concernées. Ceci n'est pas un idéalisme utopique. J'ai vu de telles solutions être créées - maintes et maintes fois - de par le monde. 

A PROPOS DE MARSHALL ROSENBERG
Le Dr. Marshall Rosenberg, est un psychologue clinicien états-uniens et auteur du livre "Les mots sont des fenêtres ou des murs" paru aux Editions Jouvence.
Voir aussi  www.cnvc.org  et  www.nvc-europe.org

 


 

  

Marshall Rosenberg et la Nonviolence

CNV1993_5 (1)

Quelques fois, au cours de ses formations, Marshall Rosenberg[1]
a été amené à clarifier la notion de nonviolence,
bien au-delà de la question de la communication.
Au sortir de sa formation en psychologie clinique en 1961,
les Etats-Unis intervenaient déjà depuis 6 ans
de façon croissante au Vietnam.
Marshall n’allait pas pouvoir éviter de se confronter
à la réalité de la guerre. 

D’une part, il se livre alors, comme il le dit, à « tout un tas d’études sur les criminels nazis[2] » et leur façon de penser et prend conscience à quel point il est lui-même « envahi », dit-il, par cette façon de penser. Il se dit alors : « Si je ne fais rien d’autres pour aider le monde, au moins ça, je veux l’enlever de ma propre conscience. Je veux être tout à fait conscient de la raison pour laquelle je fais ce que je fais ».

D’autre part, il participe à différents mouvements nonviolents comme celui de la lutte pour l’égalité hommes-femmes ou pour les droits civiques des noirs aux Etats-Unis. Le 2 mars 1965, dans un de ses discours, Martin Luther King prend position contre la guerre du Vietnam. Le 9 du même mois, le président Lyndon B. Johnson autorise l’usage du napalm.  

Marshall raconte : « Je payais des impôts à l’époque. J’avais horreur de ça, je voyais que mon argent servait entre autres à envoyer du napalm au Vietnam. Mais comme un bon petit nazi, je me disais : « JE DOIS le faire ». Alors je me suis arrêté, je me suis dit : « Attend un peu là, attend un instant, pourquoi est-ce que je fais ça ? ». Ca n’a pas été tellement facile de changer cela en termes de : « JE CHOISIS de le faire ». Cela ne me plaisait pas trop de me dire que je choisissais d’envoyer du napalm sur les vietnamiens. Donc, j’avais beaucoup de résistance à répondre à cette question.  

Et puis, tout à coup, j’ai eu la clarté : je faisais ça parce que je voulais éviter d’être envoyé en prison. Ca aide de devenir conscient, parce que du coup, j’ai arrêté de payer mes impôts ! ». Nous voyons ici, que sa conception de la nonviolence se traduit d’abord par un NON radical à collaborer à la VIOLENCE.  

Poursuivant ensuite sa réflexion au-delà de ce premier refus, il se focalise sur la recherche d’une ALTERNATIVE NONVIOLENTE plus constructive à la situation. Il se pose alors la question : « Comment est-ce que je pourrais agir de manière qui soit plus en accord avec mes valeurs ET éviter en même temps d’aller en prison ? ». Car, comme il le reconnaît très honnêtement, aussi longtemps qu’il se disait qu’il DEVAIT payer ses impôts, il ne recherchait même pas une alternative. Sa conclusion ? La voici : « J’ai découvert une autre façon d’éviter d’aller en prison, en dehors du fait que je pouvais éviter d’y aller en payant mes impôts, mais je n’aurais pas découvert cette autre façon de m’y prendre si je n’avais pas changé ma façon de penser ». 

Il fonde alors - nous sommes en 1966[3] - le Centre pour la Communication Nonviolente en tant qu’organisation sans but lucratif. Ses formations sont facturées par le Centre qui va organiser ses activités et lui payer tous ses frais. Serait-ce pour cette raison qu’il n’a plus été imposable ? En tous cas cette organisation va constituer pour lui un soutien remarquable pour le développement des formations à la Communication Nonviolente dans le monde. Nous mesurons aujourd’hui l’ampleur des conséquences positives des choix de nonviolence qu’il a faits durant cette guerre. 

Nous aussi, soyons conscient de notre responsabilité dans les choix que nous faisons car, comme nous le disait Marshall : « A chaque instant, nous avons le choix de détruire ou de servir la vie ». 

Jean-François Lecocq
www.CommunicationNonviolente.info
Là où la conscience progresse, la violence régresse

[1] Une émouvante cérémonie d’hommage à Marshall Rosenberg s’est déroulée le 7 juin 2015 dans le parc du château de Thomas d’Ansembourg à Assenois. Au cours de celle-ci, j’ai lu le texte suivant à propos de son engagement dans l’action nonviolente durant la guerre du Vietnam.

[2] Les citations de Marshall Rosenberg proviennent des enregistrements de la première Rencontre Intensive Internationale Francophone de CNV organisée par l’Université de Paix au Centre de La Marlagne à Wépion-Namur du 5 au 15 août 1996.

[3] Cfr. Francoise Keller, Pratiquer la Communication NonViolente, InterEditions 2011, p.215. 

 


 

CNV1994-4 - Version 6

Bon Voyage Marshall
 
Marshall Rosenberg a quitté son corps samedi 7 février 2015 
entouré de ses enfants et de sa femme Valentina.
Profondément ému par cette nouvelle, 
je reste sans mot pour exprimer tout ce qui se passe en moi…
tant de souvenirs, de découvertes, de prises de conscience…
Marshall, tu incarnes pour moi un homme qui est toujours resté fidèle
à sa mission de Paix par la Communication Nonviolente, 
mission que son âme a choisi pour lui durant cette incarnation 
et  qu’il a rayonné sans relâche partout dans le monde.
Tu as réussi à dépasser toutes les violences liées à l’histoire 
de tes origines juives pour incarner une vision et une action nonviolente 
dans tous les rapports humains qu’ils soient personnels ou collectifs…
et devenir ainsi un citoyen du monde.
Je suis tout chamboulé : c’est un jour de deuil et en même temps 
c’est une joie pour moi de t’avoir connu, car si tu as quitté ton corps,
je sais que jamais tu ne quitteras le coeur de celles et ceux
qui ont entendu ton message.
Jean-François

 

CHARLIE2

JE SUIS CHARLIE
NOUS SOMMES CHARLIE

Oui… mais pas seulement !

 

Je suis Charlie… Charb et Jeannette, Cabu, Wolinski et Maryse, Tignous, Oncle Bernard, Honoré, Elsa, Riss, Laurent, Fabrice, Philippe, Sigolène, Corinne, Philippe, Simon, Mustapha, Frédéric, Ahmed, Morgan, Malek, Nadia, Lofti, Frank et Ingrid et May, Saïd, Chérif, Amedy, Michel, Valentin, Lilian, Mourad, Jean-Michel, Hayat, Habib, Lassana, Yohan, Yohav, Sarah, Noah, François-Michel, Philippe, Ilan, Joël, Joséphine, et tant d’autres aussi… qui ont joué un rôle dans cet événement tragiquement symptomatique de la violence actuelle du système. 

Cependant, pour dépasser le regard émotionnel spectaculaire porté sur l’événement « parisien » exploité par les médias, il nous faut élargir notre regard afin, d’une part, d’y inclure la multitude des victimes - souvent anonymes - des violences partout dans le monde et, d’autre part, tous les acteurs - conscients ou non - des causes profondes de la violence 

N’oublions personne… si nous voulons vraiment mieux vivre ensemble.

 

JE SUIS TOUT LE MONDE
NOUS SOMMES TOUS TOUT LE MONDE
Il y a moyen de mieux vivre ensemble.
Non, peut-être ? (*)

(*) Expression bruxelloise qui signifie : « Oui, certainement ! »

BISOU GIRAFE

 Jean-François Lecocq
Là où la conscience progresse, la violence régresse 

 



Prochaines activités 

Introduction à la Communication Nonviolente
(Au choix) 
Vendredi 4 et samedi 5 novembre 2016
(ou) Lundi 27 et mardi 28 février 2017
(ou) Lundi 3 et mardi 4 juillet 2017

 
Aller plus loin dans la Communication Nonviolente
Lundi 3 et mardi 4 avril 2017  

Aller ENCORE + LOIN dans la Communication Nonviolente
Jeudi 6 et vendredi 7 avril 2017

Communiquer, c'est comme danser
Jeudi 6 et vendredi 7 juillet 2017

Spiritualité & Communication  Nonviolente - Du paraître à l'Être
Mercredi 2 et jeudi 3 novembre 2016


Voir les rubriques n°3 "Prochaines formations"
et n°
4 "Renseignements et inscription"

Vous pouvez trouver les textes
- DONNER DE L'EMPATHIE... ou ETRE EN EMPATHIE ?
- ENTENDRE... ou ECOUTER ? 
- LE GRAND TRI 
à la rubrique n°8 "Documents"

 


"Merci pour ces deux jours de CNV, Marie-Jacques et Jean-François, ils m’ont fait le plus grand bien en me recentrant sur moi-même.  C’est troublant comme chacun des week-ends que j’ai fait à Liège avec vous, semblait chaque fois tomber à pic dans mon cheminement personnel en me permettant d’intégrer/digérer les choses que j’avais à assimiler/à faire à ce moment-là."  

               

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